La vision

LE DEVELOPPEMENT DES TERRITOIRES, PIERRE ANGULAIRE DU NOUVEAU MODÈLE DE DÉVELOPPEMENT

Initié par SM le Roi Mohammed VI que Dieu l’Assiste, le Nouveau Modèle de Développement (NMD) trace le cap visionnaire du Maroc à l’horizon 2035. Parmi les quatre axes stratégiques de transformation qu’il identifie, le NMD donne une importance particulière à la composante de l’aménagement du territoire, à la croisée des impératifs de développement, avec la place centrale de l’humain comme ligne directrice.

En effet, l’Aménagement du territoire, l’Urbanisme et l’Habitat, sont interpellés dans l’ensemble des axes stratégiques du NMD, cette centralité est reflétée principalement au niveau des axes 3 et 4 : « Une économie productive, diversifiée, créatrice de valeur ajoutée et d’emplois de qualité », « Un capital humain renforcé et mieux préparé pour l’avenir », « Des opportunités d’inclusion pour tous et un lien social consolidé » et « Des territoires résilients, lieux d’ancrage du développement ».

« Le NMD est porteur d’une nouvelle vision sur le rôle des territoires, espaces de co-conception des politiques publiques avec l’État et lieu de leur mise en œuvre réussie. Cette vision consacre, ainsi, la place centrale des territoires comme source de création des richesses matérielles et immatérielles, d’éclosion de la démocratie participative et d’ancrage des principes de la durabilité des ressources et de leur résilience face aux effets du changement climatique », précise la commission ad-hoc en charge de l’élaboration du NMD, qui ne manque pas de rappeler que la crise de la Covid-19 a fortement révélé les inégalités territoriales en termes d’accès aux services publics de base et de création de richesses. La Commission a également préconisé la nécessité d’aborder ces défis moyennant des approches rénovées et spécifiques. Partant de ce constat, elle insiste sur l’impératif d’impulser la capacité des territoires et de renforcer leur résilience de manière pérenne.

Cette approche nécessite de repenser les mécanismes de fonctionnement, d’interaction et de décision à l’échelle des territoires, mettant au centre l’efficacité de l’action au service des citoyens au centre des préoccupations. C’est précisément l’une des priorités de la démarche ministérielle actuelle, dont l’objectif premier est l’implémentation du nouveau modèle de développement.

UN DIALOGUE NATIONAL & UNE COMMISSION À 360 DEGRÉS POUR UNE VISION CONCERTÉE ET INCLUSIVE

S’inspirant de l’approche innovante voulue par Sa Majesté le Roi, que Dieu le Glorifie, dans le cadre de l’élaboration du Nouveau Modèle De Développement du Maroc, appelant en substance à mobiliser toutes les potentialités du pays à « ...renforcer le rôle des territoires comme lieu d’ancrage de la dynamique de développement, de construction d’un cadre de vie de qualité pour le citoyen et de préservation de la durabilité » et à adopter un « Cadre de référence national pour le développement urbain » à la hauteur des enjeux et défis actuels, le Ministère de l'Aménagement du Territoire National, de l’Urbanisme, de l'Habitat et de la Politique de la Ville, sous l’impulsion de Madame la Ministre Fatima Ezzahra El Mansouri, est en phase de co-construire une vision commune pour repenser l’Urbanisme et redynamiser l’Habitat, sur la base d’un « Dialogue National », fondé sur une démarche profondément collaborative, participative et inclusive.

Ce Dialogue constituera une avancée qui amorcera le changement, en engageant une réflexion en profondeur avec tous les acteurs qui contribuent à produire l’espace urbain et rural, afin d’opérer une transition significative pour les trente prochaines années, vers un modèle innovant de planification, de gestion, de développement des territoires et de production d’espaces bâtis et de cadre de vie décent et accessible. Un nouveau modèle centré sur la promotion des investissements productifs, l’inclusion sociale, la durabilité, la résilience territoriales et construits autour d’une vision prospective commune.

Pour définir les grandes lignes de cette transition, une commission nationale dédiée a été mise en place à cette fin.

Présidée par Mme. Fatima Ezzahra El Mansouri, Ministre de l'Aménagement du Territoire National, de l’Urbanisme, de L'habitat et de la Politique de la Ville, cette commission réunit l’ensemble des parties prenantes et des forces vives de la chaine de valeur sectorielle, en l’occurrence : les Représentants des départements ministériels partenaires, les Présidents des deux commissions parlementaires concernées, le Président du Conseil économique, social et environnemental, la Présidente de l’association des régions du Maroc, le Président de l’association des préfectures et provinces, le Président de l’association marocaine des présidents de des conseils communaux, le Président du groupement professionnel des banques au Maroc, la CGEM et des experts reconnus sur les enjeux à adresser.

TOURNÉS VERS L’AVENIR, UN SYSTEME DE PLANIFICATION TERRITORIALE RENOUVELÉ ET UNE GOUVERNANCE EFFICIENTE ET EFFICACE

Les différentes expertises, évaluations, études et diagnostics effectués dressent le constat des limites du modèle d’urbanisme, dont les dernières réformes remontent à l’année 1992. Le système de planification territoriale et les modes de production immobilière issus du siècle dernier deviennent de plus en plus inadaptés pour gérer les nouveaux défis auxquels sont confrontés les territoires urbains et ruraux.

Certes, des efforts considérables ont été déployés par les pouvoirs publics au cours des dernières décennies permettant d'enregistrer des acquis indéniables se traduisant par une armature urbaine plutôt équilibrée, des outils d’urbanisme permettant le développement de nouvelles agglomérations à différentes échelles et l’accompagnement des extensions urbaines, des programmes d’habitat permettant la résorption progressive des déficits...toutefois, nos territoires sont appelés à relever un ensemble de défis en terme d’attractivité, de compétitivité et de promotion de l’investissement, de gouvernance appropriée, de prospérité socio-économique, de développement du monde rural et de réduction des disparités, de résilience et de durabilité des territoires, d’offres diversifiés et appropriés en logements, et de revalorisation du patrimoine et de rehaussement de la qualité architecturale.

Pour y remédier, il s’agit aujourd’hui de marquer une nouvelle étape de changement et de rupture en vue de repenser l’Urbanisme et de redynamiser l’Habitat, de redonner un nouvel élan au développement urbain en construisant une vision intégrée et partagée par les différents acteurs du secteur autour d’« une planification rénovée et d’une gouvernance appropriée », prenant en considération les différentes échelles, spécificité et réformes territoriales et promouvant innovation, transversalité et cohérence des interventions publiques.

REPOSITIONNEMENT DES AGENCES URBAINES A L’ECHELON REGIONAL, EN TANT QUE POLE D’EXPERTISE

La composante régionale et locale est, sans conteste, un pilier incontournable pour réussir la mise en œuvre de la nouvelle vision impulsée par Madame la Ministre de l'Aménagement du Territoire National, de l’Urbanisme, de L'habitat et de la Politique de la Ville, en s’inscrivant dans les Hautes Orientations Royales, relatives à la régionalisation avancée, qui constitue un tournant majeur pour le pays œuvrant pour le développement durable des territoires et le maintien des équilibres. Jusque-là, ce maillon essentiel souffre d’une faible représentativité, doublée d’une confusion dans les prérogatives. Aussi, et en vue d’améliorer la représentativité régionale, la nouvelle vision propose une réforme visant le repositionnement territorial des institutions à l’échelon régional.

Une nouvelle ère s’ouvre pour les Agences Urbaines. Leur rôle capital en tant que pôle d’expertise et la nécessité de réfléchir à une transition adaptée aux réformes structurelles engagées par le pays, notamment, la régionalisation en cours, le processus de déconcentration, le nouveau modèle de développement et le changement de paradigmes, interpelle ces structures à accompagner et acter opérationnellement les nouveaux défis liés aux changements sociaux, économiques, environnementaux, à valoriser leur capital d’expertise et à promouvoir l’ingénierie territoriale et l’intelligence collective au service des territoires. Ceci impose le repositionnement territorial et la réorganisation des Agences Urbaines à travers notamment l’élargissement de leur champs d’innovation à tous les niveaux touchant aussi bien les nouveaux métiers une les outils, et l’évolution de leurs rôles et du périmètre de leurs missions en vue d’accompagner les grands chantiers enclenchés en tant que bras opérationnel, opérant à un niveau stratégique de développement des territoires gérés.

GESTION URBAINE : PROXIMITE, CELERITE, SOUPLESSE ET SIMPLIFICATION

Lenteur des délais d’autorisation, qualité de représentativité, contradiction des avis, lourdeur d’octroi des permis d’habiter, dépassement des délais de réalisation des travaux d’équipement des lotissements...autant de contraintes à lever pour favoriser un cadre d’investissement attractif, incitatif et diversifié impulsant la relance économique.

La nouvelle vision proposée par le Ministère de l'Aménagement du Territoire National, de l’Urbanisme, de l'Habitat et de la Politique de la Ville, ambitionne la réforme des procédures en matière d’urbanisme en vue de favoriser proximité, célérité, souplesse, simplification, transparence, traçabilité et dématérialisation, assurant ainsi l’amélioration de l’environnement des affaires et de l’investissement.

LE MONDE RURAL, UNE PRIORITÉ À LA HAUTEUR DE SES POTENTIALITÉS

Le monde rural est un milieu en pleine mutation à plusieurs niveaux : démographique, sociale, économique et foncier. Il est heurté à une multitude de contraintes entravant son développement : enclavement, disparités territoriales et sociales, conditions de vie et d’habitabilité difficiles, faible assise économique, impacts des changements climatiques et des risques naturels, forte pression sur l’environnement et les ressources naturelles, un patrimoine culturel et des savoir-faire locaux dévalorisés... En parallèle, les programmes initiés s’avèrent peu cohérents, la planification peu adaptée les modes d’aménagement moins appropriés et les logiques d’intervention peu adéquates, impactant ainsi faiblement la réduction de l’indice de vulnérabilité.

Il est aujourd’hui essentiel de rehausser les conditions de vie des populations rurales en mettant en place les fondements d’une vision commune et partagée autour des l’avenir de nos territoires ruraux dans leurs diverses composantes sociale, économique et environnementale et en favorisant un appui solide et solidaire au monde rural, la réduction des disparités territoriales, la mise en cohérence des programmes d’interventions, la modernisation des bases économiques et l’émergence de nouvelles dynamiques spatiales.

Une série de défis auxquels s’attaque frontalement la nouvelle vision proposée par le Ministère de l'Aménagement du Territoire National, de l’Urbanisme, de l'Habitat et de la Politique de la Ville à travers l’identification et la mise en place de mesures adéquates.

LA NOUVELLE GÉNÉRATION DE PROGRAMMES DE LOGEMENTS AIDÉS : UN LOGEMENT POUR TOUS

Assurer l’accès à un logement décent et en adéquation avec le pouvoir d’achat des ménages, à travers une production de logement répondant en quantité et en qualité à la demande est une priorité de la nouvelle vision. Les programmes de logements sociaux notamment ceux à 250 000DH HTVA, ont certes permis à plus de 600 000 ménages d’accéder à la propriété et ont participer à la prospérité du secteur au vu de ses indicateurs socio-économiques, toutefois, ce modèle de production nécessite la mise en place d’une nouvelle approche prenant en compte les leçons les attentes actuels des ménages et les orientations du Nouveau Modèle de Développement.

En effet, l’évaluation des programmes initiés, à ce jour, ainsi que les orientations du nouveau modèle de développement orientent vers le renforcement et la mise sur le marché d’une nouvelle offre adaptée. Cette offre devra également répondre à l’application de la mixité au sein des programmes d’habitat, l’amélioration du cadre de vie et la qualité du logement dans sa globalité. Dans ce sens, plusieurs leviers sont à activer afin de réduire les prix de vente et opérer une régulation du marché ce qui permettra de rapprocher l’offre à la demande. Le rôle des territoires est important dans la mise en forme de ces nouveaux programmes en faisant ressortir les véritables contraintes et les potentialités de chaque région ce qui fera évoluer le marché immobilier et le repositionnera en tant que levier économique et moyen de création de la richesse au niveau des territoires

LE LOCATIF : UNE ALTERNATIVE A LA PROPRIETE

Les modes de vie changent et le modèle social à « la marocaine » est en constante mutation. Pour beaucoup, notamment de jeunes, l’accès à la propriété n’est plus le graal qu’il était à une certaine époque. Une proportion non négligeable de jeunes marocains privilégie la qualité du cadre de vie, la flexibilité et la mobilité.

Dans ce contexte, le secteur locatif est appelé à jouer un rôle central. Son renforcement requiert de créer un marché locatif « formel » et maitrisé à même de présenter une réelle alternative à la propriété, notamment pour les jeunes ménages en mobilité résidentielle.

Les leviers de dynamisation de ce segment sont multiples et diversifiés, tel que l’encouragement des métiers de médiation locative, la mise en place de la sécurisation des loyers impayés, la création d’un environnement de confiance par un encadrement adapté, …

Toutes ces pistes sont à prospecter afin de repositionner ce segment et de lui garantir les moyens d’envol

CADRE BATI : REFORMES MAJEURES ET APPROCHE RENOUVELEE

Des efforts considérables ont été déployés par le Ministère de l’Aménagement du Territoire National, de l’Urbanisme, de l’Habitat et de la Politique de la Ville pour améliorer les conditions de vie des citoyens dans un souci permanent de justice sociale et d’équité spatiale. Afin de relever ce défi, des réformes majeures ont été mises en place afin de lutter contre l’habitat insalubre et produire des cadres de vie décents et inclusifs.

Les actions et programmes mis en œuvre ont concerné d’une part la lutte contre le mal-logement, la création d’espaces de vie décents, ainsi que la sauvegarde du patrimoine architectural national. L’impact de ces actions est mesurable à différentes échelles aussi bien spatiale que sociale. Néanmoins, certaines politiques et programmes gagneraient à être plus performants en relevant les défis et contraintes actuels, des réformes audacieuses voire même une rupture avec certaines démarches d’intervention sont à prospecter à la lumière des orientations du Nouveau Modèle de Développement qui prône la nécessité de prendre en compte la qualité du cadre de vie et la mixité sociale et fonctionnelle, l’amélioration de l’habitat, la mobilité et la connectivité des territoires. Le renouvellement des approches d’intervention et l’implication des parties concernés par la création d’un cadre bâti décent et résilient interpelle sur les moyens à déployer, la gouvernance à mettre en place, les actions à mettre en œuvre pour une production de qualité et sécurisée, ainsi que sur les leviers à mettre en place pour assurer la réduction de la vulnérabilité notamment dans le tissu ancien à travers le traitement des constructions menaçant ruine et la revalorisation du patrimoine bâti.